L’été dernier, j’ai vu passer sur mon fil Facebook l’annonce du lancement du concours Adopte inc. Adopte inc. c’est un programme qui vise à aider les jeunes entrepreneurs aux niveaux financier et stratégique grâce à une bourse de 24 000$ et au mentorat de leaders du milieu des affaires.

Parmi ces leaders, Alain Bouchard. Je voulais Alain Bouchard comme mentor; je le voulais de toute mon âme. À cause du livre Le Secret, j’en parlais tout le temps à qui voulait bien l’entendre. Son parcours m’inspire à croire grand.

Je décide donc de m’inscrire. Il suffisait de soumettre une vidéo d’une minute sans montage expliquant pourquoi on était le meilleur candidat. Facileeeeeeee.

Mais non. Raconter l’histoire derrière sa business, parler de soi, de ses objectifs et de sa vision tout en essayant de convaincre un mentor d’y croire autant que soi-même en seulement 1 minute, c’est pas aussi facile que ça en a l’air.

Après près d’un mois de pages blanches, d’essais, d’erreurs et de doutes, on avait un texte. Jusqu’à ce qu’on décide, avec mon copain, de presque tout changer la veille de la date limite de remise. Pour la vidéo, il a fallu faire à peu près 823 prises avant d’avoir une version où j’oubliais pas mon texte et où il n’y avait pas une auto qui passait dans la ruelle ou un enfant qui criait. Ça fait qu’on l’a finalement envoyée à 6 h 45. Une heure et quart avant le deadline. Pas de stress (lire BEAUCOUP méga stress).

Pour la première cohorte d’Adopte Inc, plus de 425 candidats ont appliqué. Parmi tous ces entrepreneurs, j’ai été choisi comme finaliste. Je CA-PO-TAIS. Il faut dire que la liste des finalistes était assez impressionnante. Les entrepreneurs qui choisissent de faire les concours et les pitchs, on se croise toujours partout et on devient forcément fan les uns des autres; c’était donc assez intimidant d’être finaliste avec d’aussi grosses pointures.

Le jour A

On arrive dans les nouveaux bureaux de Deloitte et ça bourdonne. Les finalistes sont là, Anne et Nicolas, les adopteurs, les médias… Mes chances sont bonnes, j’y crois… Sur les 25 finalistes, les adopteurs choisiront chacun un entrepreneur et s’engageront à le rencontrer au moins 1 fois par mois et à lui remettre 12 chèques de 2,000$.

On croise Matthieu Charest, le journaliste du journal Les Affaires, qui doit quitter mais qui a déjà rédigé l’article pour les adoptés. Comme je connais assez bien Matthieu, je lui fais un clin d’oeil et je lui demande “donc, tu sais c’est qui?”. Matthieu me répond assez gêné que c’est déjà un grand honneur d’être choisi parmi les 25 finalistes.

Je suis à terre.

J’y ai tellement cru.

Je m’installe au bar avec mon chum; fini le réseautage. Oui, c’est vrai que c’est un super grand privilège d’être choisie parmi les finalistes, mais reste que tu veux gagner pareil. J’ai clairement pas gagné chaque concours que j’ai fait – mais chaque défaite est toujours aussi amère. Comme à chaque fois que je déroule pas un café ou un beigne à “Déroule le rebord” mais fois 1000.

Le deuxième adopteur prend la parole, M. Bouchard. Je l’écoute, mais le coeur n’y est plus.

J’entends : “J’ai fait écouter la vidéo à ma femme, à mes enfants, à mon CEO, à mon directeur des ressources humaines et tout le monde a été unanime: on a choisi Judith Fetzer”.

Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god. Oh. my. god.

Et le reste est flou. (et c’est même pas la faute du bar à cocktails)

Judith Fetzer et Alain Bouchard, fondateur de Couche-Tard

Le lendemain

J’adore aller prendre des cafés avec mes compétiteurs. Je le fais pas souvent. Mais le lendemain de mon adoption, j’en avais un de planifié avec Alexandre Caron, le fondateur de Kuisto. Je l’admirais beaucoup pour la qualité de son produit et ses opérations.

Dès ma première rencontre avec M. Bouchard, j’ai parlé de Kuisto. Les nombreuses acquisitions conclues par Couche-Tard sont aujourd’hui l’histoire de l’entreprise. Je voyais les impacts positifs d’une telle fusion. Nous l’avons fait. Nous avons dû mettre l’égo de côté, mais nous l’avons fait.

Alors, ça me fait plaisir de vous annoncer que Cook it et Kuisto sont maintenant la même entreprise. Depuis quelques semaines déjà, nous joignons nos forces dans le but de vous offrir le meilleur service de prêt-à-cuisiner sur le marché.

Pour moi, le fit entre les deux entreprises était évident. Mes plus grandes forces ont toujours été le marketing et le web, alors qu’Alex est un génie des opérations. En affaires, il est primordial de s’entourer de gens qui ont des compétences complémentaires aux nôtres, et l’équipe de Kuisto est un atout dont nous ne pourrions plus nous passer.

Aujourd’hui

Depuis la fusion, ça roule, et ça roule vite. En mars, nous avons déménagé dans nos nouveaux locaux au coin de la 17e avenue et de la rue Jarry, à Montréal. Plus d’espace pour plus de (bonne) bouffe! Yay!

Aujourd’hui, nous sommes une équipe de 21 personnes chez Cook it. Avec 1200 clients, nos familles adorées. Des fois, les étoiles sont vraiment alignées et tu sais que tu es à la bonne place, au bon moment et c’est exactement là que nous sommes.

Notre prochaine grosse étape, c’est d’aller chercher du financement. Vous avez dû vous rendre compte que notre industrie bouillonnait et nous sommes prêts pour la croissance.

J’ai travaillé plus fort que jamais durant les trois dernières années et j’ai eu assez de moments stressants/difficiles avec Cook it que je savoure pleinement cette étape.

Cheers,

Judith

P.S.: Voici le lien pour l’article dans La Presse+

P.P.S.: Voici en prime le vidéo que j’ai envoyé pour Adopte inc.. Je trippe pas trop à m’écouter, mais bon, si ça peut aider quelqu’un à quelque part.

Posted by:Judith Fetzer

Mère et fondatrice de Cook it

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