Lorsque Éric nous a écrit dans le cadre de notre projet Portait de Famille, nous n’avons pas hésité une seconde; ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de rencontrer un athlète de l’équipe canadienne paralympique!

Éric est atteint de dystrophie musculaire type 2. C’est une maladie dégénérative, qui, dans son cas, est actuellement plutôt stable. C’est à 3 ans qu’il a eu son premier fauteuil électrique, ce qui en fait un des plus jeunes au Canada.

Mais parler d’Éric sans parler de Francine, sa mère, ce n’est pas vraiment parler d’Éric. Le duo complice passe la plus grande partie de son temps à s’entraîner et fait partie de l’équipe Canadienne de boccia. Ce sport paralympique qui ressemble à la pétanque requiert précision et stratégie.  La boccia a été conçue pour ceux qui sont sévèrement handicapés et n’est pas un sport adapté comme le hockey sur luge ou la natation.

Je me trouve extrêmement choyée d’avoir passé un moment en compagnie de cette famille gentille et attachante; ce fut un plaisir de les avoir écoutés me parler de leur quotidien et de pouvoir vous partager leur histoire.

À quoi ressemble une journée typique pour vous?

Éric : Notre quotidien, c’est l’entraînement. On s’entraîne 3 à 4 jours semaine et autrement, on aime sortir, on va dans des festivals ou des spectacles. Et quand on peut, on va manger au restaurant!

Francine : Éric est un fan de la bonne bouffe et des restaurants. Il aime aussi la lecture, et regarder des séries télé. Mais l’entraînement est très demandant. Et c’est certain que le trafic prend parfois beaucoup de notre temps! (rires)

Comment êtes-vous devenu athlète paralympique?

Éric : J’ai terminé mon secondaire 5, mais après ça, je cherchais ce que je voulais faire. Avec un handicap sévère comme le mien, c’est difficile de trouver un travail et ça ne me tentait plus d’aller à l’école; j’aimais pas vraiment ça (rires). Alors je suis longtemps resté ici à me demander ce que j’allais bien pouvoir faire. J’ai finalement découvert la boccia, et ça m’a ouvert énormément de portes. Depuis que je suis dans l’équipe canadienne, j’ai énormément voyagé. On est allé deux fois en Chine, au Portugal et on arrive de la Colombie. On s’entraîne au stade Olympique et depuis environ 1 an, on est reconnu comme faisant parti de l’INS [Institut National du Sport du Québec, NDLR], on y est résident.

Francine : De mon côté, je participe à tout ça avec lui. Je suis un peu sa coéquipière. C’est un sport de précision et de stratégie et je l’assiste là-dedans. Je suis dos au jeu et je lance la balle pour lui, comme il ne peut pas le faire.

Est-ce que ça a été un gros sacrifice pour vous de devenir sa coéquipière?

Francine : C’est certain que j’ai eu un choix assez difficile à faire. Plus il devenait bon, plus le sport prenaitune place importante dans notre vie alors j’ai dû prendre la décision de quitter mon emploi. C’est certain que j’avais une petite crainte à quelque part; 

c’était vraiment un saut dans le vide si je peux dire, mais ça n’a tout de même pas été une décision trop difficile à prendre. J’ai pu avoir un 6 mois sabbatique avec mon ancien employeur pour voir si ça fonctionnait pour nous, voir si j’avais pris la bonne décision et j’ai fini par lui dire que je quittais pour de bon!

Éric : J’aurais pu avoir quelqu’un d’autre pour m’aider, mais c’est mieux d’avoir toujours la même personne. Et je suis chanceux que ça ait été ma mère. Elle est toujours disponible et elle peut voyager avec moi. Je ne me serais sans doute pas rendu jusqu’où je suis si elle n’avait pas pris cette décision-là. Et avant de faire ça, je me sentais un peu tout seul. Je restais à la maison, je croyais être le seul dans ma situation, mais ça m’a fait rencontrer des gens comme moi de partout dans le monde.

Francine : Parfois on en rencontre qui sont encore plus lourdement handicapés qu’Éric, ça nous fait réaliser qu’on est vraiment chanceux qu’il puisse parler et qu’il ait toute sa tête.

Et vous avez gagné plusieurs médailles depuis que vous pratiquez cette discipline!

Éric : Oui, aux Jeux Parapanaméricains en 2015, médaille d’or en équipe, médaille d’argent en individuel. Quand j’ai commencé en 2011, je me suis dit que mon objectif serait d’aller aux jeux paralympiques du Brésil… et j’ai réussi! Au début, je ne pensais pas que ça se réaliserait, c’était simplement un rêve, mais de fil en aiguille, je progressais et j’y suis arrivé! Je suis actuellement dans les meilleurs au Canada, je suis donc très fier de moi!

Quel est votre prochain objectif?

Éric : Évidemment, les paralympiques de 2020 au Japon! Sinon, c’est une étape à la fois. Je participe à des tournois comme les World Open et l’objectif est toujours la victoire.

Qu’est-ce que vous trouvez le plus difficile?

Éric : Prendre l’avion. C’est vraiment compliqué en plus d’être stressant. Je dois débarquer de mon fauteuil, parce qu’il va dans la soute à bagage, et je ne peux pas rester assis, donc je suis couché sur deux bancs. Ensuite, c’est de savoir si le fauteuil va arriver intact à destination. 

Francine : Quand on est revenu de la Colombie, son fauteuil ne fonctionnait plus, une partie était arrachée complètement. Par chance, c’est arrivé au retour, mais si c’était arrivé à l’allée, il n’aurait pas pu compétitionner. C’était déjà arrivé quand il était en secondaire 5, il partait en voyage à Cuba et le fauteuil est arrivé là-bas complètement scrap.  Une fois de retour, ça a pris 2-3 mois avant d’en avoir un nouveau.

Éric : On peut dire que ma dépendance à mon fauteuil est tout un défi. Déjà que je ne suis pas autonome, sans le fauteuil je le suis encore moins. Tout ce que je fais, c’est à partir de mon fauteuil. Aussi, ce n’est pas toujours facile d’être 100% du temps avec ma mère (rires complices)!

Francine : Comme tout le monde, ça nous arrive d’avoir des petites chicanes ou bien on s’obstine! Ça fait partie de la game comme on dit! (rires)

 

Questions en vrac 

Repas préféré?
Éric : Le saumon, j’adore ça! Les potages aussi.
Francine : Oui, le saumon ou la truite saumonée, c’est toujours bon!

Resto préféré? 
Éric : Bistro V à Varennes et le Tire-Bouchon.  
Francine : On y va pas mal souvent!

Êtes-vous plus déjeuner, lunch ou souper?
Éric : Souper, définitivement!
Francine : Oui, souper c’est certain!

Votre coup de cœur Cook It?
Éric : Les risottos, c’est toujours bon!
Francine : C’est dur à dire parce qu’on aime pas mal tout!

Pour en apprendre plus sur le boccia : https://www.youtube.com/watch?v=eYXL_782-Lo

Posted by:Laurie-Anne

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